Le lit au sol : bilan 9 mois après

J’avais initialement prévu d’écrire cet article au bout de trois mois, mais le temps filant à la vitesse que l’on connait, je ne l’ai finalement pas fait… Pourtant, ce sont vraiment les trois mois qui ont marqué un changement dans notre organisation, avec ce lit au sol façon Montessori.

Parce qu’à trois mois, le lardon a commencé à se retourner sur le ventre.

Depuis sa naissance, j’en parle dans ce bilan après 1 mois, il dormait dans un Bibed. Gentiment sanglé avec ce scratch dont le bruit l’a réveillé plus d’une fois, nous le trouvions exactement à l’endroit où nous l’avions laissé : pratique, safe, aucune inquiétude à avoir. Et puis, il a commencé à comprendre qu’en poussant sur son talon, il pouvait provoquer une rotation de la barrique qui lui sert de bidou, et hop ! se retrouver sur le ventre. Etalé telle la tortue à l’envers, battant des bras et des jambes dans le vide. (j’exagère à peine !)

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Le souci, c’est que cette position est rapidement devenue sa préférée. Alors quand on t’assène qu’il faut faire dormir les bébés sur le dos, sinon c’est dangereux… Evidemment, tu stresses un poil. Il s’est mis à ne dormir que sur le ventre. Et bien sûr, en étant incapable de se remettre lui-même sur le dos 🙂 Cette aptitude-là n’est venue qu’un ou deux mois plus tard. Vers trois mois et demie, nous avons donc supprimé le Bibed par sécurité (ils préconisent de ne pas y laisser dormir un bébé qui sait se retourner), et le lardon s’est retrouvé sur son matelas 60×120.

Deux jours plus tard, on ajoutait un second matelas (d’appoint) à côté, afin de faire un grand lit carré de 120 de côté. Car le lardon, qui donc se retournait, avait une fâcheuse tendance à tomber par terre. Pas de très haut, je vous rassure, mais bien assez pour que ça le réveille.

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Pendant les deux mois qui ont suivi ce passage « hors Bibed », ses nuits ont été chaotiques. Difficile, honnêtement, de savoir si c’était uniquement lié à ce changement de lit. Il n’arrivait pas à se remettre sur le dos, ce qui pouvait très bien l’agacer. En plus, j’en parle dans cet article sur l’allaitement, nous avons découvert plus tard qu’il n’était pas assez nourri. Une chose est certaine : consoler un bébé est bien plus facile quand on peut s’asseoir ou s’allonger à côté de lui. Cela nous est arrivé plusieurs fois, lors de ses poussées dentaires vers 5/6 mois, de prendre un plaid et de nous allonger sur son petit matelas d’appoint pour glaner quelques minutes de sommeil en lui tenant sa microscopique menotte.

Et puis, à force de patience et de biberons de lait artificiel bien remplis, nous avons progressivement retrouvé de meilleures nuits. La solution que nous avons n’est pas idéale, car l’un des deux matelas est dit « d’appoint » et clairement il n’est pas adapté. Il est tout fin, se replie un peu et glisse facilement donc ça arrive régulièrement que dans son sommeil, le lardon le pousse et se retrouve à dormir contre le parquet directement. (On fait un peu parents indignes là, mais que voulez-vous). Nous avons prévu de le passer sur un lit 190×90 avec cadre à lattes d’ici quelques semaines, en sécurisant le tout avec un petit matelas au bord, car là pour le coup s’il tombe ça fait haut.

Au top pour prendre des idées et s'inspirer !
Au top pour prendre des idées et s’inspirer !

La question que l’on nous pose très régulièrement c’est : mais il ne sort pas pour aller jouer ? Et la réponse est non… D’une part parce qu’il est dans le noir complet,  d’autre part parce que – et je l’avais lu dans Vivre la pensée Montessori à la maison, la nuit, un bébé dort. C’est vrai ! Enfin, si on excepte les « Mamaaaaan, j’ai perdu ma tétine », « Maaaaman, j’ai faaaim », « Papaaa? Ma couche a débordé s’t’euplaaait »  et autres « Papaaa, Mamaaan, on peut faire un Scrabble, je suis entre deux cycles de sommeeeeil ! » – j’ai un super décodeur de cris de bébés, je vous le conseille 😉 Mais bref, pour l’instant en six mois nous n’avons pas retrouvé le bébé en train d’essayer de jouer au beau milieu de la nuit. Par contre, les weekend après la tétée de 7h, au lieu de le recoucher dans le noir je le laisse assis au milieu de sa chambre, je lui donne un panier rempli de jouets, et j’ouvre ses volets ou allume la lumière. Comme ça, lui joue pendant que je retourne larver sous la couette avec l’Homme, et ça ne décale pas son rythme par rapport à la semaine. En général, il tient jusqu’à 8h30/9h, heure à laquelle il se met à taper contre sa porte ou les murs (véridique) car il sait que ça nous attire comme les mouches sur un étron.

Sur cette belle conclusion, je vous laisse avec quelques p’tites photos de sa chambre, et si vous avez la moindre question/remarque sur ce système de lit au sol, vous savez comment les poser ! 🙂

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D’un allaitement ordinaire

Avant d’avoir l’idée de fabriquer un enfant, j’étais catégorique : l’allaitement ne passerait pas par moi. Je ne me voyais pas rester à la maison au-delà du délai réglementaire du congé maternité, j’espérais bien perdre mes kilos immédiatement, la partie « accouchement » me faisait très peur et donc, je n’avais absolument pas envie que ma progéniture se cramponne régulièrement à mes seins.

La fameuse vague d’amour maternel et l’épanouissement infini pendant la grossesse étaient des concepts que je considérais vaguement, de loin, en étant plutôt dubitative.

Pour le coup, c’est un peu cliché, mais j’ai sacrément changé de discours.

Même si j’ai retrouvé le chemin du travail avec un grand plaisir au bout de 10 semaines (on en parle dans un autre article si ça vous dit !), il m’a semblé évident dès l’annonce de ma grossesse que j’allaiterais. C’était clair et net. Ma nouvelle préoccupation suprême, c’était son bien-être. D’ailleurs, vu le drame qu’a traversé ma famille lorsque j’étais enceinte de trois mois, la petite graine qui poussait dans mon ventre a été plus d’une fois la source de bien-être dont j’avais énormément besoin. Par conséquent, c’était à moi de lui rendre la pareille, et c’est tout naturellement que je l’ai laissé attraper mon boobi à peine sorti de mon ventre.

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#BreastfeedingActiveMum #NotIncompatible

Ce récit d’allaitement – qui s’apprête à commencer, si si ! – ne cherche pas à se la raconter, à être pédant ou hautain, bien au contraire. Je tiens à le préciser, car mon allaitement s’est vraiment bien passé, dans le sens où je n’ai pas eu les fameuses crevasses, mastites et autres complications sévères. Donc j’aimerais parler tranquillement de mon expérience, car elle pourra peut-être aider d’autres parents et futurs parents.

Avant la naissance, j’ai eu un cours particulier avec ma sage-femme dédié à l’allaitement. Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé d’elle, mais elle tourne en boucle sur une phrase que j’adore particulièrement : « la nature est bien faite« . Entrecoupé de « Je ne vous parle pas des crèmes anti-crevasses, car vous n’en aurez pas. » (de crevasses, pas de crème, elle ne m’aurait pas laissé agoniser devant elle non plus 😀 ). Elle m’a indiqué qu’il faudrait que le lardon attrape bien mon téton, dès le début, car c’est quand ils pincent l’extrémité que ça se passe mal. Du coup, dès la fameuse tétée d’accueil, je me suis retrouvée à essayer de lui enfoncer mon téton au fond du gosier (si, si, mais t’inquiètes pas, les bébés sont conçus pour !) de manière à ce qu’il ait le plus de facilité possible à téter. A boire ce liquide étrange, jaune, qu’on appelle colostrum. Juste après la tétée, je tirais une petite goutte de plus pour m’en badigeonner le téton, histoire de le protéger et de nourrir la peau en prévention. Et on a continué comme ça pendant des semaines et des semaines. Aujourd’hui, à 6 mois et demie, l’allaitement continue et je n’ai encore jamais eu de crevasses.

PAR CONTRE ! Le lardon dormait facilement cinq heures la nuit entre deux tétées, dès le début, et mes seins n’ont pas vraiment apprécié. Mes draps non plus, d’ailleurs. Je me réveillais à chaque fois inondée, couverte de lait, les boobies gonflés comme deux obus et chauds comme la braise (l’Homme témoignera que malgré les apparences, ceci n’a rien de sexy ! 😀 ), ce qui était parfois vraiment douloureux. Il m’est arrivé une fois ou deux de faire couler le trop-plein au-dessus de la baignoire, car le lardon dormait et n’était pas disposé à m’aider. Mais honnêtement, ces désagréments-là sont vite oubliés face aux bons côtés : l’allaitement est pratique, économique, et c’est un vrai moment de douceur complice. Remarque que, quand je vois l’Homme lui donner le biberon du soir (on en parle plus bas), je peux vous assurer que « douceur » et « complice » sont deux termes qui s’appliquent tout aussi bien.

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Et ça c’est moi devant la scène.

J’ai repris le travail au bout des 10 semaines de congé, et j’avais fait le choix de ne pas m’arrêter d’allaiter pour autant. Avec une ordonnance de ma sage-femme, j’ai donc loué un tire-lait à la pharma. Pour celles que cela intéresse, c’est un Kitett double, entièrement remboursé par la sécu jusqu’à preuve du contraire (j’attends de voir si la pharmacie me réclame une facture quand je le rapporterai… héhé). Une fois apprivoisé, c’est devenu un bon pote à moi qui me permet de faire du stock que j’emmène chez la nounou le lendemain. Je tirais deux fois par jour, dans l’infirmerie mise à disposition pour moi (le code du travail oblige l’employeur à cela), puis je suis passée à une fois seulement le midi depuis deux semaines.

Fatigue du boulot et de l’allaitement aidant, quand le lardon a eu cinq mois et ne faisait plus ses nuits depuis presque un mois, le docteur a diagnostiqué que je n’avais plus assez de lait le soir. Par conséquent, il tétait (en pleurant à la fin), s’endormait, et se réveillait affamé trois ou quatre heures plus tard. Nous sommes donc passés sur un méga bib de lait artificiel le soir, et progressivement, il a commencé à bien mieux dormir la nuit. Pour l’instant, on touche du bois 😉 Donc au final, les repas du lardon, ça donne ça :

  • Tétée le matin (moment câlin) (ça rime)
  • Bib de lait maternel le midi avec sa p’tite purée (chez nounou)
  • Bib de lait maternel à 16h avec sa p’tite compote (toujours chez nounou)
  • Bib de lait artificiel le soir !

Et le weekend c’est 100% tétées, sauf le soir. Pour le moment c’est une organisation qui roule, on verra comment ça se passe par la suite. Je n’ai pas d’objectif de durée sur cet allaitement, je sais juste que je m’arrêterai avant qu’il demande un scooter parce que sinon ça va jaser haha 🙂 Mais nous voulions tenir jusqu’à 6 mois, c’est chose faite, maintenant c’est du bonus et quand il en aura marre, il le fera savoir…

… Sachant qu’il a déjà essayé de m’arracher le boobi avec ses nouvelles petites incisives, ça promet. 😀