Les courses 2.0, semaine 1

Comme annoncé dans mon dernier article, j’ai décidé de nous lancer dans un p’tit challenge pour changer notre manière de faire les courses et de consommer. Rien d’original là-dedans, mais je souhaitais juste vous présenter notre méthode et nos résultats car ils pourraient convaincre ceux qui pensent encore que bien manger et réduire son budget courses sont deux notions incompatibles. Tout d’abord, voici en vrac quelques infos :

  • Nous mangeons de la viande et du poisson, environ 3 portions par semaine. Ce n’est pas au programme de ralentir là-dessus, donc forcément, ça plombe un peu le budget.
  • Je ne fais pas encore les courses en « tout bio » car pour l’instant je ne pense pas que j’arriverais à maintenir mon budget objectif avec. Mais y’a un peu de bio tout de même.
  • Cette semaine et la prochaine ce n’était pas possible car pause hivernale, mais autrement j’achète mes fruits & légumes locaux via Les Paniers de Anne, 20 € pour deux semaines. Ceci représente environ 7 kg de produits.
  • Cela découle directement du point ci-dessous, mais désormais nous mangeons des fruits & légumes de saison. Mais vous pouvez me jeter plein de cailloux parce que jusqu’à présent je mangeais des tomates all-year-long.
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Maintenant je SAIS que c’est mal ! 
  • Je ne vais pas au marché parce que 1) dans ma ville, c’est le jeudi matin et je travaille, 2) je n’ai jamais aucune certitude sur l’origine des produits et 3) je me suis toujours sentie mal devant un étal car je SAIS que le vendeur attend que j’achète et ça me coupe l’envie d’acheter. #facepalm
  • J’ai des horaires de bureau tout ce qu’il y a de plus classique mais du coup, ça ne m’amuse pas de courir dans deux crèmeries et chez trois agriculteurs pour récupérer mes produits. Donc en dehors du panier, pour l’instant je fais mes courses chez Carrefour Market… Et demain, j’espère, à l’Univers Bio ou dans le futur Natureo qui pousse pas loin de chez moi.
  • J’ai cousu des sacs en tissus pour transporter mes fruits & légumes et le pain. Les caissiers font un peu la grimace pour l’instant, mais je préfère mille fois ça que de rapporter tout plein de plastique chez moi. Même s’il est désormais bio-dégradable et qu’il ressemble à de la peau de zob.
  • Depuis le début de ce challenge (soit, 7 jours), je cuisine beaucoup plus. J’ai encore du boulot à faire pour cuisiner un peu moins souvent tout de même, et m’organiser pour avoir des jours off. Parce que jeudi dernier, quand je ratais ma baguette de Rose et mon mac’n’cheese, je n’étais plus vraiment très fière ni motivée. Pi en plus j’ai eu mes règles le lendemain.

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Voilà pour les infos générales ! Si rien ne vous a rebutés là-dedans, on peut continuer avec la méthode que j’applique pour le choix des menus 🙂

Sans grande surprise, elle vient du groupe Facebook que j’ai rejoint y’a un mois maintenant, GBME. Le principe est bête comme chou :

  1. Avant toute chose, on fait la liste des choses qu’on a l’habitude de manger, et on liste les ingrédients nécessaires pour le faire.
  2. Ensuite, on fixe un prix moyen pour chacun de ces ingrédients. (les sites de Drive aident bien pour ça).
  3. Une fois que c’est établi, on fixe le budget cible. Le mien est de 50€, car jusqu’à présent on faisait en moyenne 85/90€ par semaine.
  4. Partant de notre liste de menus, on fait la liste de ce qu’on va manger cette semaine. Je pousse le vice jusqu’à dire quel jour on mangera telle chose, car en fonction des restes ça peut être pratique. Mais on n’est pas à l’abri d’un imprévu donc restons agiles… 🙂
  5. Cette liste de menus, et donc d’ingrédients, nous permet d’arriver à une somme. ET LA ! On compare cette somme avec le budget. Si elle dépasse, il faut changer les menus. Si elle est dedans, c’est bon ! Y’a plus qu’à aller faire les courses…

A ma grande surprise, en suivant ce modèle, je n’ai eu aucune difficulté à planifier une semaine entière de repas avec 50€ maximum. Ci-dessous, voici une capture d’écran du tableur Google Drive que m’a fabriqué l’Homme. C’est tip top parce que ça me calcule automatiquement le budget en fonction des menus que je choisis dans les listes déroulantes…

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Sur le papier, j’en avais donc pour une trentaine d’euros. Il fallait y rajouter des petites choses de première nécessité comme du dentifrice (pas encore le courage de le faire moi-même) et les compotes/yahourts du lardon (idem, seuls ses repas de midi sont fait maison et certaines compotes quand j’ai le courage).

Comme j’aime bien cette enseigne, je suis allée faire un tour chez LIDL. Ils ont certains trucs bio, mais encore faut-il voir ce que ça veut dire. Gros point noir : ils ne font pas du tout de trucs pour bébés. Et comme j’ai dit plus haut que je n’avais pas envie de courir partout, ben la prochaine fois je me contenterai du Market.

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On s’en est donc sortis pour la semaine avec un total de 45,31 € ! Et, même si ça m’a demandé pas mal de travail en cuisine, on a très bien mangé. A part les mac’n’cheese où le cheddar a été remplacé par ce que j’ai trouvé, c’est à dire de la mimolette… Et il semblerait que ça fasse toute la différence (bizarrement). Donc un petit fail quand même !

Pour la semaine prochaine, toujours pas de panier, donc nous avons fait un tour chez Grand Frais et avons acheté toute la viande + poisson + légumes + fruits de la semaine pour un total de 24€. Il me reste donc 25€ pour acheter de quoi nourrir mon lardon et compléter les recettes de la semaine. Ces recettes sont : croque monsieur, tarte poireau-saumon, blanquette de poulet, poulet mariné au soja et pâtes carbonara. J’ai organisé le tout pour que ça prenne moins de temps possible le soir, donc on verra bien ce que ça donne !

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La fille avec les sourcils parfaits a parfaitement raison.

En tous cas, je crois à fond à ce système. Le frigo a l’air un peu vide mais en fait tout va bien. C’est juste qu’on n’achète plus la pizza Sodebo destinée aux soirs de flemme ou le sachet de knackis au-cas-où… Est-ce qu’on fera marche arrière ou pas, je ne sais pas ! 🙂

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Les bobos bio, un an après

Il y a un peu moins d’un an, alors que j’étais affalée sur le canapé avec un lardon de trois kilos dans mon énorme ventre cubique, j’avais pris le temps de détailler dans un article le début de notre démarche bobo-bio-écolo. Comme l’an dernier, cette dénomination n’a rien de péjoratif, elle me fait plutôt sourire et si je dois être une bobo bio, so be it ! En tous cas, j’assume ce mode de consommation que nous continuons à mettre en place au quotidien.

Cet article est l’occasion de reprendre les points que j’avais mentionnés l’an dernier et de faire le bilan, pour voir où nous en sommes. Autant vous le dire : mes rêves de couches lavables ont pour l’instant été totalement douchés !

J’en profite pour glisser deux mots sur l’incroyable groupe Facebook que j’ai rejoint (ça fait un peu gourou dit comme ça, mais pour l’instant personne ne me demande d’argent…). Il s’appelle Gestion budgétaire, entraide et minimalisme, et est rempli de licornes de tous âges. Si je n’adhère que très modérément au surnom de licorne, je dois avouer que c’est une réelle mine d’or pour qui souhaite repenser sa façon de consommer. Tous les domaines sont abordés et il y règne une agréable bienveillance – et pourtant, entre quarante mille personnes, c’était pas gagné ! C’est incroyable de voir toutes les idées, astuces, questions, fiertés, challenges que partagent les gens dessus. Et parlant de challenges, chaque mois les administratrices en proposent un afin de maîtriser son budget, d’aller vers une alimentation plus saine, moins de déchets, etc. Bref, couplé à mon achat du livre La famille (presque) zéro déchet, je nage en plein dans un joli délire bobo-bio, j’adore ça, et je ne peux que vous conseiller de vous y pencher 🙂

Mais venons-en aux faits !

  • La poubelle

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> Actuellement

C’est charmant de commencer par là, non ? Premier constat et pas des moindres, avec un bébé, la poubelle explose. Elle double de volume, en fait. Ces petites créatures produisent une quantité incroyable de matière organique et pour l’instant, nous faisons un blocage sur le passage aux couches lavables. J’en parle plus en détail dans la partie « bébé ». Nous avons réussi à limiter un peu la casse grâce à la nounou (bah oui, une moitié des couches finit dans sa poubelle à elle) et grâce à ma méthode dite de « la compression quitte ou double ». Elle consiste à bien écraser la couche au moment de la refermer, histoire qu’elle prenne un volume moins conséquent dans la poubelle. L’Homme a réellement peur de cette méthode mais jusqu’à présent, je ne me suis pris aucun jet de citron pipi dans l’œil. et rien n’a débordé ! Le résultat, c’est un sac de 20 litres tous les 10 jours uniquement pour le change.

Côté poubelle alimentaire, j’ai pris conscience de la quantité incroyable de recyclages rejetés car mal triés. Du coup, je fais beaucoup plus attention au moment d’écraser ma bouteille d’eau ou mon emballage de glaces. Je vérifie qu’ils sont propres et j’enlève les parties non recyclables le cas échéant.

Nous avons installé deux petits bacs à compost, un dans la cuisine pour mettre les épluchures du jour et l’autre sur la terrasse, pour y accumuler les déchets organiques de la semaine. Tous les deux/trois weekends il s’agit donc d’aller transvaser ce bac tout au fond du jardin, dans le vrai grand bac à compost. Il a atteint une taille plutôt honorable et j’ai hâte de m’en servir pour le potager !

J’avais mis un autocollant Stop Pub et il est toujours solidement attaché. J’ai poussé le concept jusqu’à ma boîte mail : j’ai réalisé que je recevais une quantité astronomique de mails publicitaires, jusqu’à dix chaque matin ! Les consulter au réveil était devenu un rituel. J’ai pris le réflexe de me désabonner systématiquement, sauf aux deux/trois marques qui me plaisent vraiment. Maintenant, je dois avoir en moyenne une pub tous les deux jours. Et ça fait du bien !

> Prochaines étapes

– Continuer à limiter les déchets qui entrent (achats en vrac, paniers de légumes…)
– Coudre des p’tits sacs supplémentaires pour les courses
– Ajouter des poches de rangement sur mes tote-bag pour pouvoir les ranger dans mon sac à main, et donc ne plus accepter de sacs en plastique, carton… quand on fait du shopping.

  • Niveau hygiène

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> Actuellement

Je continue à me démaquiller avec mes cotons lavables homemade, qui reviennent toujours aussi blancs. Sauf les deux ou trois que j’ai glissés dans une lessive qui a déteint, évidemment… Les coton-tiges sont devenus « écolo » même si, par nature, ils le sont difficilement… mais au moins, leur manche est en carton (leur escalieeeer.. est en papier!). Je continue à guetter l’oriculi et à lui préférer le spray pour l’instant.

Pour la douche, si l’Homme est resté sur du Sanex 0%, je suis passée au savon solide. D’abord avec une version « éponge intégrée » de la boutique Parfums à la source à Bourges et maintenant avec un savon de marseille trouvé en pharmacie. La boutique vient de rouvrir après un incendie alors je vais pouvoir me réapprovisionner ! Niveau shampooing, je vide les stocks. J’avais fait un essai avec du solide, mais peu concluant. Il s’est décomposé très vite dans la boîte que j’utilisais pour le garder, où l’eau stagnait, donc raté. Je réessayerai après l’allaitement, je pense. A côté de ça, lorsque je prends le temps, je me fais des masques capillaires avec des poudres de la super boutique en ligne Hennesetsoinsdailleurs.

Niveau linge, je finis mon bidon de lessive « bio » et j’utilise depuis des mois maintenant du vinaigre blanc en guise d’adoucissant. Ce n’est pas un mythe : le linge ne sent absolument pas le vinaigre 🙂

> Prochaines étapes

– Finir les shampooings et produits cracra
– Lister les produits beauté que j’ai envie de me faire maison.. Et les faire !
– Fabriquer ma propre lessive au savon de Marseille.

  • Pour le lardon

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> Actuellement

Donc comme je disais plus haut, pas encore de couches lavables. Je fais 2 à 3 machines par semaine et je ne sens pas le fait de faire mariner mes couches dans de l’HE de tea-tree en attendant la prochaine. On s’était dit que l’on tenterait sur le weekend, mais là encore nous n’avons pas franchi le pas. Pourtant, je SENS les produits chimiques dans sa couche, je déteste cette odeur, et je vois bien son royal fondement qui rougit gaiement dès qu’il a la peau un peu sèche. Mais voilà, je bloque. Investissement de départ important, contraintes… Excuses bidon… Du coup, j’ai décidé de commencer tranquillement avec des lingettes lavables pour le change – du pipi ! Il faut que j’en fabrique davantage et on verra si on passe le cap n°2 (pour le caca, vous aviez compris) puis n°3 (dat couches!)

Côté repas, il est encore un peu allaité et pour le reste c’est fait maison avec légumes bio, sauf le soir et les compotes.

> Prochaines étapes

– Lui coudre davantage de lingettes lavables (ma commande de bambou arrive !)
– Coudre deux ou trois couches lavables pour tester le weekend

  • En cuisine

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> Actuellement

En cuisine, on passe finalement vers le vrac et le bio… Pour les légumes, nous avons testé un panier qui pour l’instant est en pause hivernale. Mais c’est un bonheur de manger ces légumes, bio et de saison, que pour la plupart je ne savais pas du tout cuisiner ! (ocas du Pérou ? céleri-rave ?). Je vais parler des changements en cuisine dans un futur article, vu qu’on a combiné tout ça avec un petit challenge « Passons à 50€ par semaine de courses au lieu de 80 » !

Pour les produits ménagers, j’essaie au maximum de privilégier nettoyeur vapeur et vinaigre dans lequel j’ai fait mariner longtemps des écorces d’orange. Le bicarbonate de soude est mon ami ! Et le tawashi est un petit fail, car j’ai utilisé un collant trop petit pour le fabriquer, donc.. j’ai un tawashi pour enfants 🙂

Mais sinon, pas mal de biscuits homemade plus ou moins réussis, en moyenne 4 baguettes de Rose par semaine, et de plus en plus de petites choses rangées dans de jolis bocaux.

> Prochaines étapes

– Sortir mon carré potager de sa torpeur
– Faire le bilan des courses à 50€/semaine avec seulement un peu de bio, et augmenter la proportion de bio/vrac
– Prendre le temps de noter mes recettes dans mon Moleskine qui est quand même fait pour ça 🙂
– Refaire un tawashi
– Tester un liquide vaisselle homemade
– Coudre des couvercles  à tupperware en tissu.

En bref,

On continue plus que jamais dans notre lancée de bobo-bios, à laquelle on rajoute une composante « gestion de budget » qui pour l’instant, est prometteuse… Du moins, je n’ai pas encore entendu l’Homme râler sur ce que nous mangeons cette semaine. C’est plutôt bon signe 😉

Et vous ? Objectifs, réussites, échecs, où en êtes-vous ? 🙂

About miracle mornings

Mais c’est quoi, le miracle morning ?

Il y a quelques mois maintenant, Hal Elrod a mis un grand coup de pied dans la fourmilière de nos vies quotidiennes avec son livre Miracle morning. Phénomène planétaire, il y prône une vie plus épanouie, plus riche, plus satisfaisante grâce à un principe très simple : levez-vous très, très tôt le matin et prenez le temps de faire des choses pour vous. Mais lorsqu’on dit « très tôt », c’est vraiment tôt, on parle de 5h30 du matin.  L’idée, c’est de profiter de cette fenêtre de temps supplémentaire pour :

  1. Réussir à vous lever facilement
  2. Prendre le temps de faire des choses pour vous
  3. En cumulant ces morceaux de temps personnel, réaliser ses rêves.

Dit comme ça, c’est sûr que ça fait rêver. Et si notre véritable moi, celui qui brille et qui est épanoui, n’était finalement qu’à un réveil matinal de notre nous actuel ?

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Alors oui mais…

Plusieurs choses me dérangent avec cette méthode et je vais essayer de les exposer de manière ordonnée.

D’abord, ça me fait penser à tous ces posts, articles ou memes qui présentent des gens ordinaires ayant accompli des actions extraordinaires, du moins pour eux, et qui concluent avec un bon gros « What’s your excuse ? » Une façon de sous-entendre que, si tu n’as pas fait tes cinq heures de sport chaque jour après ton accouchement alors que Madame Untel a bien réussi, bah, t’es quand même pas loin d’être une looseuse. Que Madame Untel ait réellement fait ça, c’est une chose, et si elle y trouve son compte tant mieux pour elle. Mais qu’on ne vienne pas me présenter sa performance personnelle comme une échelle de comparaison avec ma propre vie.

C’est ce premier point qui m’ennuie avec le Miracle Morning. Tel que je le vois, j’ai l’impression qu’il dit aux autres, à ceux qui n’arrivent pas à se lever facilement, quelque chose comme « Hé les baltringues, faites un effort, vous n’êtes qu’à 70% de ce que vous pourriez être, c’est quoi votre excuse ? ». Or on peut très bien avoir une vie épanouie et en être fier, même si le réveil ne sonne qu’à 6h40… Et même si l’on trouve que c’est encore bien trop tôt pour se lever.

Ensuite, comme toutes les méthodes, celle-ci propose une liste de six choses à faire le matin, le Life S.A.V.E.R.S (là encore le champ lexical m’agace un peu). Voici l’acronyme déroulé :

  1. S – Silence
  2. A – Affirmations
  3. V – Visualization
  4. E – Exercise
  5. R – Reading
  6. S – Scribe

Il s’agit donc, de prendre du temps pour méditer, pour lire, écrire, faire du sport, et plus nébuleux : affirmer et visualiser. Se répéter, à soi, des phrases décrivant la personne que l’on souhaite devenir et visualiser notre journée en se concentrant sur les émotions positives que cela nous évoque.

Mais est-ce que, avec cette méthode tout de même très dirigiste, on n’irait pas justement à l’encontre de nos individualités ? Si cela convient à l’un de se poser en silence avant de se répéter qu’il est beau, puis de lire quatorze pages de son roman et d’écrire trois alexandrins, ce ne sera pas le cas de tout le monde ! Qui est Hal Erold pour dire que ces six actions feront de nous des êtres accomplis ?  Je n’ai pas lu son livre et donc je ne peux que supposer – espérer – que ces six actions sont adaptables à chacun, mais je n’aime pas l’idée de devoir se forcer, de faire quelque chose « parce qu’il faut », sans que cela ait réellement un sens pour nous.

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Perso, depuis ma reprise du boulot en Juin dernier, dès que j’entendais le réveil sonner, j’enfilais ma brassière, un pantalon, et je descendais pour vingt-cinq minutes de fitness. Un moment à moi seule, accompagnée par la fraîcheur du matin et le coaching vidéo sur Youtube. Après ça, c’était parti pour la douche, le petit déj en écoutant la radio (et en amoureux, c’est plus sympa), puis le thé à savourer pendant la tétée du matin, avec un peu de lecture. Mon morning n’avait rien de miracle mais je peux te dire que c’était une très belle façon de commencer la journée.

J’en parle au passé parce que depuis trois semaines, le vénérable lardon ne fait plus du tout ses nuits. Difficile de savoir si c’est parce qu’il a mal au ventre, parce qu’il a appris à se retourner, parce que gencives ou parce qu’il fait très chaud dans sa chambre, mais toujours est-il qu’au lieu des fameuses nuits annoncées à partir de 4 mois, nous sommes passés à 2, 3, 4 réveils nocturnes… Comme c’étaient les vacances, le rythme avait changé, et on verra à la reprise si je reprends le sport du matin ou si je profite pour prolonger un peu ma nuit.

Quoi qu’il en soit, je ne me flagelle pas parce que je n’arrive plus à me lever tôt… Si en ce moment j’ai besoin de sommeil, bah c’est comme ça. Demain j’aurai peut-être besoin de muscler mes obliques, après-demain de presser mes oranges fraîches tous les matins. Je pense qu’être épanoui, ça commence par faire un maximum de choses qui nous font du bien, qui nous font plaisir. Et pas suivre à la lettre des consignes qui prétendent nous emmener à cet état de grâce. Par contre, si l’on a un projet, un rêve ou un idéal à atteindre, l’idée du miracle morning n’est pas déconnante. Elle suppose toutefois qu’on ait pas trouvé de meilleur créneau dans la journée pour se consacrer à son projet. Certains sont ultra-performants le matin, d’autres le midi, d’autres tard le soir… Dans tous les cas, l’idée est toujours de s’adapter à ses propres besoins. J’ai peur que le miracle morning fasse encore culpabiliser des gens qui ne sont tout simplement pas faits pour ce mode de vie.

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Dernier point, soulevé à juste titre par Hal Erold : il faut avant tout travailler sur notre façon de se réveiller. Et le réveil chez nous, ce n’est certainement pas un snooze qui hurle à l’oreille ou un robot qui court se planquer à l’autre bout de la chambre en sonnant à pleins haut-parleurs. De la même façon que mes parents ne me réveillaient pas en allumant le plafonnier et en soufflant dans une vuvuzela, je pense que la douceur est essentielle à un bon réveil. Alors certes, parfois on ne saute pas immédiatement du lit, parfois on lézarde en maudissant cette nécessité de se lever, parfois il faut un gros coup de pied au cul et certains ont besoin d’un Manson hurlant à leur oreille pour sortir du lit. Mais pour se réveiller en forme, il existe aussi des méthodes assistées, comme les bracelets électroniques qui détectent dans quelle phase du sommeil vous êtes, et vous réveillent justement au meilleur moment. Avec l’exercice il paraît qu’on peut adapter l’heure de son coucher pour se réveiller au bon moment le matin – ce qui semble logique puisque nos cycles de sommeil ont une durée connue. Il n’y a pas forcément besoin de se réveiller à 5h30 et d’aller méditer pour se réveiller correctement et passer une journée épanouissante.

Enfin, c’est mon point de vue  🙂

Et vous ? Avez-vous testé la méthode ? Qu’en pensez-vous ? Avez-vous un rituel du matin qui vous fait kiffer vos journées ? (et accessoirement, un ou plusieurs lardons qui vous le piétinent allègrement ? 😀 )

DIY – La toile lyrics

Et non pas lyrique ! Ici, il s’agit bien de paroles de chanson. En fait, je suis toujours dans les travaux/déco de la chambre du rez-de-chaussée, celle qui n’a pas de peinture aux murs et où j’ai thanatopracté mon ficus ici.

En attendant que nous trouvions le temps de finaliser les murs, j’ai filé chez Action un beau matin de congé mat’, et je suis ressortie avec une grande toile blanche à moins de 4 euros – hé ouais, c’est exactement ça la magie d’Action 🙂 ! Je n’avais pas encore d’idée précise en tête, mais à ce prix-là j’avais envie de me faire plaisir.

D’abord, j’ai eu envie d’une toile noire sur laquelle j’aurais disposé des pétales dorées en cercles concentriques, un peu comme là-dessus :

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Ah c’est marrant, ça vient de Pinterest ! #TiensDonc

J’ai donc ressorti mes classeurs d’échantillons de papier peint, qui s’ils ne seraient esthétique dans aucune décoration, ont au moins le mérite de me servir sur différents petits projets maison. C’est mon côté au-cas-où-tiste qui parle, mais n’empêche qu’avoir plein de papiers, c’est comme avoir plein de tissus : un jour, ça servira. Peut-être. 🙂

Après avoir consciencieusement découpé mes pétales, je les ai disposées sur ma toile préalablement peinte en noire, et là… Surprise ! Je trouvais ça super moche. Genre, gros raté. C’était au début de l’Euro de football et la toile naufragée a traîné dans le salon jusqu’à la finale tragique contre le Portugal. Entre temps, j’ai eu une autre idée. Elle a germé, germé, et j’ai fini par la mettre à exécution hier, pendant une sieste du lardon. C’est rapide, plutôt facile, et je suis fan du résultat. Comme ce tableau ira dans une chambre, j’ai choisi des paroles de chanson qui évoquent le sommeil : celles d’Eurythmics, Sweet dreams are made of this. Comme c’est une chanson qui n’évoque pas exactement les petits moutons au pays des rêves, j’ai choisi une police d’écriture particulière et une méthode – le pochoir – qui me permettait d’obtenir un résultat irrégulier, un peu « grunge ». Je vous laisse juger, le DIY est ci-dessous ! 🙂

La toile Lyrics

Il faut :  

  • une toile sur canevas
  • de la gouache blanche
  • un pinceau assez fin et surtout précis
  • un cutter
  • un PC et éventuellement une imprimante
  • une feuille A4 pas trop épaisse

Les étapes :

  1. Si vous avez une imprimante, écrivez les lettres qui reviennent dans votre phrase (ici, i, f, h, s et S, o, e, a, m, w, t, d et r pour Sweet dreams are made of this), dans une police en gras et assez gros. J’ai choisi l’inimitable Courier New.
  2. Imprimez les lettres, ou si vous n’avez pas d’imprimante comme moi, mettez la luminosité de l’écran à fond et placez une feuille blanche dessus pour décalquer les lettres par transparence.
  3. Découpez au cutter ou au scalpel (pour un résultat moins irrégulier, mais moi ce n’est pas ce que je voulais), le contour des lettres.

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4. Positionnez le pochoir sur la toile. Eventuellement vous pouvez faire le repérage préalable des lettres au crayon à papier, mais tout léger léger dans ce cas.

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5. Sur cette photo, je n’avais pas été maline : il vaut mieux découper chaque lettre pour obtenir des pochoirs individuels, sinon bonjour l’attente entre deux séchages 🙂 Bref, c’est le moment de positionner sa lettre et de tamponner au pinceau. Attention à bien plaquer le papier contre la toile, sinon bavures…

6. Pour finir, j’ai repris mon pinceau sans le pochoir et j’ai passé une seconde couche sur mes lettres.

Et voilààà ! C’est tout 🙂

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En la découvrant, l’Homme m’a demandé si c’était normal que tout l’espace en haut à gauche soit vide, et j’ai répondu avec un grand soupir de diva. Il m’a donc dit : « Ah, je vois : c’est de l’art, c’est ça ? »

Il a tout compris 🙂

A few words between brackets

La vie frappe, partout, tout le temps. Dans les AVC, les cancers, les accidents de la route, les attentats, les coeurs qui cessent de battre sans aucune explication. D’abord on grandit en se disant que cela n’arrive qu’aux autres. Puis, comme si l’on était dans une forêt par un orage, la foudre commence à frapper de moins en moins loin. Elle finit par nous atteindre au coeur, coupant nos souffles et l’insouciance de nos élans. Hébété, on tombe à genoux. On pleure parfois, on crie beaucoup, on sent gonfler la colère et l’incompréhension. Puis lentement, on se souvient qu’on n’a rien à faire là, assis par terre dans une forêt humide. Il y a des gens qui nous attendent, des choses à voir, à faire, à lire. Le coeur est plus lourd et il se strie de cicatrices qui pâliront avec le temps.


Moi par exemple, j’ai le coeur plus lourd encore à l’annonce de cette nouvelle attaque à Nice, peut-être parce que le lardon dort à côté de moi. Pourtant, j’ai déjà une jolie collection de cicatrices – mais je découvre un sentiment nouveau, qui ressemble à de la peur.

Je crois qu’il n’y a pas grand chose d’autre à faire qu’aimer et instruire nos enfants. Les aimer pour qu’ils comprennent l’intérêt de protéger la beauté du monde, les instruire pour qu’ils sachent comment le faire.

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Le lit au sol : bilan un mois après

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de parler de la manière dont nous avons décidé de faire entrer la pédagogie Montessori à la maison.

Elle préconise d’aménager la chambre en quatre espaces distincts, chacun ayant sa fonction propre : la cuisine, la salle de bain, la chambre et l’espace d’éveil. Dans notre cas, les deux premiers sont bien définis avec respectivement un fauteuil à bascule dans un coin de la chambre (voir cet article) ainsi qu’une commode surmontée d’un plan à langer. Les deux seconds, en revanche, sont pour l’instant mêlés pour des raisons de praticité. En effet, le mobile est installé au-dessus du lit, grâce à un système de crochet amovible. Or, Madame Montessori nous dit bien que le lieu où on dort ne doit pas être encombré d’éléments pouvant déconcentrer le lardon. L’astuce c’est donc de retirer le mobile quand on décide que c’est l’heure de dormir, et de lui laisser le reste du temps.

Oui parce qu’il semblerait que nous ayons pondu un lardon diurne, qui n’est pas vraiment enclin à faire des siestes dans la journée – mais on ne peut pas lui en vouloir vu les belles nuits qu’il nous fait pour le moment !IMG_20160510_111948906

Bref, son lit est donc un espace polyvalent qui sert… A dormir, à s’éveiller, et à faire des câlins avec papa et maman ! Oui, car c’est là l’avantage considérable que je trouve au lit au sol. Pas besoin de se casser le dos pour aller soulever sa progéniture : puisqu’on l’attrape en position accroupie, y’a qu’à pousser sur les jambes pour se relever. Et je trouve particulièrement agréable de pouvoir s’asseoir juste à côté du matelas, calé avec le coussin d’allaitement, pour pouvoir consoler le lardon ou lui lire une histoire. Même si pour l’instant, les Aristochats, je pense qu’il n’en a rien à carrer.

Alors, en voyant cette photo, vous allez me dire : mais quel est ce mobile affreux ? Et je répondrai que c’est pas ma faute d’abord, c’est encore Maria, qui dit qu’un enfant de quelques semaines ne distingue que les contrastes forts. Il n’y a donc pas d’intérêt à lui présenter un mobile rempli d’oiseaux trop mignons ou d’éléphants qui chantent – même si, attention, je ne dénigre pas les jolis mobiles, au contraire j’adore ! Mais c’est vrai que le lardon peut passer trois plombes à regarder ces formes bouger, alors ma foi…

De nouvelles questions se poseront sûrement quand le matelas Bibed ne sera plus adapté, et on verra à ce moment-là comment on y répond.. J’imagine qu’il faudra s’adapter selon que le bébé a besoin d’être dans un espace restreint ou si, au contraire, il est comme sa mère et préfère un lit immense pour battre des gambettes 🙂

En tous cas pour l’instant nous ne regrettons pas le choix du lit au sol, même si l’on est bien conscients que le vrai challenge, c’est sûrement celui qui vient quand le bébé apprend à ramper… !

Histoire d’une ponte

Avant que j’oublie tous les détails de cette journée, j’avais envie de la raconter. Cela fait bientôt un mois que j’ai pondu notre lardon, et le moins qu’on puisse dire c’est que les journées sont bien hachées ! Difficile dans ce cadre de dégager du temps pour bloguer… Même si le coussin d’allaitement libère les mains. Enfin, il les dégage mais juste le temps que le lardon s’enfonce et disparaisse dedans, avec juste sa bouche cramponnée à mon sein pour me permettre de le localiser. Oui, en gros, je n’ai pas encore trouvé la position idéale avec ce gros tas de billes et il va sérieusement falloir que je me mette à écumer Youtube pour y remédier.

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Et pourtant c’est bien ce modèle des Babilleuses que j’ai, mais d’abord, la deuxième moitié du boudin est derrière ou devant elle ? Et puis, le port des bottines est-il obligatoire, comme la dame sur la photo ? C’est peut-être ça mon souci finalement.

Bref, là n’est pas le propos ! Ainsi que l’annonce pudiquement le titre de cet article, j’ai prévu de raconter comment j’ai pondu le lardon.

Vous l’aurez compris dans les derniers #lately, il n’a pas daigné pointer le sommet de son crâne avant la DPA, soit le 4 avril. En même temps, naître un 04/04/16 c’était plutôt sympa, je comprends qu’il ait préféré ce jour-là aux cinquante autres pendant lesquels il aurait pu me délester de mes dix kilos de trop sans que ça ne soit problématique pour sa santé. (Tiens, voilà du sarcasme !) (Non mais je déconne en fait, un beau bébé à terme ça m’allait parfaitement 🙂 )

Après une nuit curieusement reposante, nous avons donc embarqué la valise, le petit sac et nos fesses jusqu’à la maternité. « Bonjour, c’est pour un déclenchement ! » « Oooh, ben c’est le grand jour alors ! » Oui, si ça ne prend pas vingt-quatre heures, on peut effectivement espérer. Je passe vite vite sur la secrétaire désagréable au possible, pour filer directement dans une grande salle avec Marion, ma sage-femme du jour. Marion est rigolote, toute petite, et c’est avec un grand sourire qu’elle glisse deux doigts au fond de mon intimité pour voir à quoi ça ressemble. Ah j’ai pas prévenu avant, mais il n’y aura rien de glam’ dans cet article 😀

« Oh ben il est bien mature ce col, si vous n’étiez pas venue aujourd’hui il serait sorti tout seul demain ! » Voilà pour la première bonne nouvelle. Pas besoin de tampon imbibé de prostaglandine pour attendre la maturation du col. Nous passons donc dans la salle de travail, autrement dit la grande pièce lumineuse dans laquelle j’accoucherai quelques heures plus tard. Il est dix heures.

Marion m’installe la perfusion, je commence à avoir un sérieux mal de crâne. En fait c’est mon champ de vision qui s’amenuise, signe que je connais autant que je redoute, et qui veut dire que sauf intervention à base de Doliprane, j’aurai bientôt une bonne migraine des familles. En même temps, il faut venir à jeun et la pizza de la veille est déjà très, très loin. Finalement, quelques minutes après la pose de la perfusion, tout s’estompe et je retrouve des couleurs.

« Je vais envoyer l’ocytocine et j’augmenterai la dose tous les quarts d’heure, d’accord ? ça déclenchera les contractions, si elles sont trop douloureuses on appellera l’anesthésiste. » Deuxième bonne nouvelle, et bordel pas des moindres : je ne sens pas les contractions. Je les vois sur le monito, elles font marrer l’Homme qui s’attend à ce que je réagisse lorsqu’elles se produisent, mais non, je ne sens rien. A peine le ventre qui durcit, et encore pas sur toutes. Marion me dit que j’ai de la chance, et je n’irai certainement pas la contredire.

Deux ou trois heures passent comme ça, tandis que l’Homme s’auto-digère à côté de moi et que je commence à me dire que je tuerais volontiers pour avoir un sandwich. Un peu après midi, Marion revient et brandit une grande aiguille à tricoter avec un rire machiavélique – ou c’est mon estomac vide qui débride mon imagination, peut-être. Elle m’annonce qu’après avoir percé la poche, les contractions seront sûrement plus douloureuses, mais qu’elle préfère le faire maintenant parce que mon col n’a pas beaucoup bougé. Sereine, je la laisse faire… Et splash ! J’ai l’impression d’avoir perdu quatre litres de flotte d’un coup. Je me marre… Mais je ne vais pas me marrer longtemps 🙂

Quinze minutes de contractions supportables plus tard, les ennuis commencent. Enfin, les ennuis… Disons que je me retrouve brusquement privée de mon avantage considérable et que ça y est, je douille. Sérieusement, même. Mon placenta à l’arrière, les contractions sont uniquement situées dans mon dos. Et en fait, j’ai l’impression que toutes les deux minutes, un petit con vient avec un chalumeau et l’allume à fond pendant une interminable poignée de secondes. C’est une douleur que je ne connaissais pas, et qui me laisse chancelante, à la frontière avec une irrépressible panique, mon cerveau concentré sur la seule chose raisonnable à faire : respirer profondément. On m’emmène un grand ballon, je mets trois plombes à piger ce que me dit la seconde sage-femme « Faites un huit ! » « HEIN? » et l’Homme est mis à contribution. C’est mon premier massage depuis le début de la grossesse 🙂 et s’il est très agréable entre les contractions, il ne parvient pas à en atténuer suffisamment la douleur. Je tiens bon pendant trois quarts d’heures, puis Marion revient.

« Ah, on est seulement à quatre ». Là, je me rends compte qu’il risque d’y en avoir pour un bon moment encore, et je lui fais mes yeux du Chat Potté. « Puis-je avoir une gentille petite péridurale s’il vous plaît ? Mais pas trop dosée hein, le minimum ». Elle m’annonce que ça tombe bien, l’anesthésiste qui est là aujourd’hui est du genre à doser au minimum et à ne pas laisser les patientes gérer leur produit avec la pompe. Ce qui me convient très bien. « Oui parce que d’autres jours c’est M. Untel, et lui il met des doses de cheval  ! » Ah ben ma foi, c’est intéressant. L’Homme est invité à partir déjeuner, il est treize heures, il va s’envoyer une fougasse aux lardons dont je n’ose même pas dessiner les contours dans ma tête. « Allez-y Monsieur, il y en a pour facile deux heures avant que quelque chose se passe ! »

C’est faux.

L’anesthésiste prépare son petit matériel pendant que je m’enferme à l’intérieur de moi-même. Les épaules basses, le menton rentré, et tout ce qui m’importe maintenant est de respirer calmement. Il paraît que je m’en sors très bien. Je les entends parler pour me changer les idées mais je n’écoute pas, je suis focalisée sur le temps. J’essaye de l’étirer quand je n’ai pas mal et de le compresser pendant les vagues de douleur.

Finalement, moi qui avais failli tourner de l’oeil devant les vidéos sur la péridurale, je ne me préoccupe pas du tout de ce qui se passe dans mon dos. Et je ne sens rien. Avant que je m’en rende compte, je suis à nouveau allongée, et c’est la plénitude totale : je n’ai absolument plus mal.

Par contre…

Par contre, quelques minutes après la pose, j’ai une irrépressible envie d’aller aux toilettes. Genre, pour la commission que ne font pas les princesses. Ma sage-femme m’a prévenue : c’est quand je sentirai ça que le bébé sera en train de descendre. Je préviens Marion. « J’ai très envie de faire caca, vous savez. » Elle se marre. « C’est bien, c’est que ça bouge ! Je vais voir ce que ça donne ». Insertion de doigts… « Oh, oh ! Mais vous êtes à huit ! » Il est quelque chose comme treize heures trente. L’Homme doit être en train de s’essuyer les doigts sur sa serviette Patapain. « On va peut-être appeler mon mari, non ? » « Oh, ne vous inquiétez pas, il y a le temps ! »

C’est encore faux.

Au final, l’Homme s’est dit que le jour était mal choisi pour finir le repas par un petit café, et a englouti son repas à la vitesse de l’éclair avant de revenir. Il ne se doute pas que le travail a bien avancé et tourne en rond un moment avant de trouver une place sur le parking. A l’intérieur de lui, ça commence à bouillir…

Je revois Marion vers deux heures moins le quart et je lui confie sans filtre ma pensée du moment : « Vous savez, il y a deux choses dont j’ai très très envie, là. » « Manger et ? » « Manger un sandwich, et faire caca ». Elle se marre – encore – et doit se dire que je ne fais que parler de bouffe, mais retourne voir comment est le col.

Je ne sais plus exactement dans quel ordre se succèdent les événements suivants, mais quelque chose comme deux minutes plus tard, l’Homme revient, et Marion nous annonce qu’on voit la tête, que le col est à dix, que c’est parti. Il va falloir pousser. Là, c’est un moment étrange. Terriblement exaltant, pour tout dire. Sauf que, j’ai beau pousser de toutes mes forces pendant les contractions, Marion m’informe que je pousse avec tout, sauf les bons muscles. Il est un peu plus de quatorze heures lorsque nous découvrons qu’en fait, je ne dois pas savoir faire caca, puisque lorsqu’on me dit de pousser comme pour faire ça, j’utilise les mauvais muscles. On en apprend des choses élémentaires, même à vingt-quatre ans.

Finalement, je vois le visage de Marion se durcir un peu, alors qu’elle nous dit que le bébé commence à peiner, et qu’il va falloir appeler le médecin. Le médecin arrive, on parle rapidement de ventouse. Je demande à l’Homme s’il voit quelque chose, il a le malheur de répondre que oui oui, il voit la tête, je lui demande de SE TAIRE. J’espère qu’il ne m’en veut pas, en tous cas je n’ai lâché aucun gros mot, que des « Oui pardon » quand la sage-femme me demandait de poser mes fesses bien au bord de la table avant de pousser. L’Homme finit par me demander d’arrêter de dire pardon. J’arrête, je pousse en laissant toute ma retenue de côté, avec moult grognements, je pousse de toutes mes forces. Le docteur attrape une paire de ciseaux et couic ! Petite épisiotomie, il n’y aura finalement pas de ventouse.

Là, je ressens la sensation la plus bizarre de toute ma vie. Je sens très précisément le moment où le lardon sort de moi. C’est un soulagement indicible, physique, et tout d’un coup je suis délestée de presque quatre kilos. Ils sont déposés tout contre moi, un peu verdâtres, chauds, minuscules et à la fois si grands, avec de jolies petites mains qui se ferment déjà contre mon sein. Le lardon va bien et dans quelques minutes il sera déjà en train de manger, pendant qu’avec son père nous le regarderons à s’en user les yeux. Il est quatorze heures trente-deux. Le médecin me recoud en me demandant quel est mon restaurant Japonais préféré sur Bourges, c’est la couture qui fait le plus mal finalement, même si ce n’est qu’un surjet et que tout ça dégonflera dans les jours à venir.

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Voilà, j’ai pondu en cinq belles heures et si j’avais réfléchi à quel serait mon accouchement idéal – ce que j’ai réussi à ne pas faire pendant neuf mois – je pense qu’il aurait eu à peu près cette tête-là. Je ne sais pas si c’est nécessaire de le préciser, mais je n’avais jamais mangé un aussi bon pain à la confiture de fraises que celui qui m’a été servi dans ma chambre quelques heures plus tard 🙂 Je ne sais pas si tout le monde leur parle autant de bouffe à chaque fois, mais c’est clair qu’ils m’ont entendue en parler. J’ai remplacé la ponctuation par les mots magiques, tartare, saucisson, sushis, pâté, tout ce qui me faisait saliver depuis des mois… Et que j’ai eu largement l’occasion de manger à nouveau depuis 🙂 Il ne manque plus que les mojitos, mais ça c’est un peu plus compliqué pour l’instant, breastfeeding oblige… !

Bon, j’espère que cette histoire d’une ponte vous aura plu, n’hésitez pas à raconter la/les vôtres en commentaire ! C’est quand même fou cette envie de c**** qu’on ressent quand c’est le moment, non ?